Faire une thérapie de couple : 5 raisons d’avoir peur… et de se rassurer !
La vie de couple est loin d'être un long fleuve tranquille, et c'est bien normal.
Chaque partenaire évolue à la fois individuellement, au gré de ses expériences professionnelles ou des événements familiaux vécus, et au sein de la relation avec son compagnon - sa compagne. Le couple constitue une entité à part entière qui, lui aussi, se construit, se transforme, se recompose au fur et à mesure des épreuves rencontrées, des moments partagés, des projets dessinés ensemble.
Il arrive un moment, une situation, une période où la relation de couple devient le lieu d'incompréhensions, de disputes, de difficultés à se parler et à s'écouter, avec l'impression de tourner en rond sans parvenir à trouver une issue qui convienne à l'un comme à l'autre. On a beau tout essayer, rien ne fonctionne. Les tensions s'accumulent jusqu'à ce qu'un mélange de colère et d'impuissance finisse par envahir le quotidien de la relation. Se pose alors la question de faire - ou pas - une thérapie de couple, et avec elle son lot d'appréhensions, de craintes ou de croyances qui viennent perturber et malmener les échanges autour d'une telle décision.
Voici un aperçu, non exhaustif bien sûr, des 5 principales inquiétudes que les partenaires peuvent ressentir à faire une thérapie de couple, et pour chacune d'elles, des clés qui vous permettront de vous rassurer pour envisager cette démarche de manière sereine et constructive.

Inquiétude n°1 : Le thérapeute prend parti pour l'un ou l'autre des partenaires
Le thérapeute de couple n'est ni juge, ni arbitre, ni partie prenante de ce que vous vivez et partagez pendant les séances. Au contraire ! Il accompagne chaque partenaire depuis un rôle de tiers médiateur pour l'aider à exprimer ce qu'il ressent, ce qu'il pense, dans un espace de sécurité et de confiance. Il n'y a ni coupable, ni fautif, quelque soit la crise que le couple affronte. Le thérapeute de couple vous aide à vous aider à trouver ensemble d'autres manières d'avancer dans la relation, qui respectent les besoins et évolutions de chacun. Il peut arriver que cette crainte s'amplifie en fonction du genre du thérapeute : si celui-ci est une femme, alors elle va forcément se ranger aux côtés des frustrations ou des difficultés éprouvées par le partenaire féminin - en particulier dans les cas de couples hétérosexuels - et accuser l'homme de tous les maux, dans un lien de sororité. Non. La thérapie de couple n'est pas un lieu où le psy distribue les bons points. Les partenaires féminins ont tout autant leur part de responsabilité dans les blocages rencontrés au sein du couple que les partenaires masculins. Il s'agit d'entendre, de recevoir et de respecter ce que chacune et chacun vit, et de travailler ensemble à partir de cet espace-là.
Inquiétude n°2 : Un des partenaires accepte la démarche sans être convaincu-e
Il est rare que les deux partenaires soient tous les deux initiateurs d'une démarche de thérapie de couple. Le plus souvent, l'un émet cette proposition comme la seule solution disponible à ce moment-là, qu'il ou elle ait expérimenté ou non un parcours psychothérapeutique ou psychanalytique personnel. Cela ne veut pas dire que les cas où les deux partenaires sont pleinement d'accord pour entreprendre une thérapie de couple n'existent pas. Toutefois, il arrive fréquemment que l'autre partenaire accepte de faire cet effort pour lui - elle aussi tenter quelque chose, pour faire plaisir à son compagnon - sa compagne, ou pour éviter une énième dispute sans trop y croire ; par méfiance, par méconnaissance, ou par pudeur de partager devant un-e inconnu-e l'intimité du couple. Dans tous les cas, le plus important c'est que le partenaire, même récalcitrant à l'idée, ait accepté de venir et se rend au rendez-vous. C'est le début d'une prise de responsabilité dans ce qu'il se passe dans la relation, à partir de laquelle il est possible de travailler ensemble. La première séance peut également être l'occasion de questionner ce qui fait précisément qu'il ou elle n'y croit pas, ait quand même choisi d'être là, a réalisé cet effort qui n'est pas anodin. Cela peut constituer un très bon début de thérapie de couple.
Inquiétude n°3 : Comme toute psychothérapie, la thérapie de couple va durer longtemps
Non. Personne, y compris le thérapeute, ne peut savoir combien de séances seront nécessaires à chaque couple pour cheminer ensemble et trouver d'autres manières de faire couple qui respectent à la fois leurs évolutions personnelles et la qualité de relation qu'ils souhaitent créer. Chaque couple est unique. Pour certains partenaires, deux ou trois séances suffiront à débloquer une situation ou résoudre un conflit ; pour d'autres, plusieurs mois, une ou deux années, seront nécessaires pour déposer une accumulation d'incompréhensions, de non-dits, d'émotions mises de côté, d'insatisfactions, pour exprimer et partager de nouvelles envies, des projets à construire. Le thérapeute n'impose pas une durée minimum, il avance avec le couple au fur et à mesure de chaque séance. Si la fréquence des séances en début de thérapie est importante pour permettre au processus thérapeutique de se mettre en place, elle s'adapte ensuite au rythme du couple.
Inquiétude n°4 : Une thérapie de couple vise à maintenir la relation, coûte que coûte
Si la thérapie de couple se présente en premier lieu comme un outil d'aide à disposition des partenaires qui rencontrent des difficultés dans leur relation et qui ont besoin d'être accompagnés pour trouver leurs solutions dans le désir commun de maintenir leur couple, toutes les situations sont possibles. Le rôle du thérapeute ne consiste pas à diriger la thérapie vers la préservation coûte que coûte de la relation de couple si l'un ou les deux partenaires expriment des doutes, ressentent un besoin de prendre de la distance, ou décident de se séparer de manière temporaire ou définitive. Le thérapeute compose avec ce que le couple apporte à chaque séance, avec ce que chaque partenaire exprime, partage, éprouve dans ce qu'il vit au sein de la relation. Si le thérapeute n'est ni juge, ni arbitre, il n'est pas non plus décisionnaire de ce que le couple élabore ensemble au gré de la thérapie.

Inquiétude n°5 : Le couple risque de se séparer si on se dit tout
S'engager dans une thérapie de couple est courageux : c'est reconnaître que la relation ne répond plus aux attentes et ressentis de chacun, c'est accepter d'avoir besoin de l'aide d'un tiers compétent, c'est livrer ce qu'il y a de plus intime en soi à la personne que l'on aime. Cela ne veut pas dire que chaque partenaire doit tout dire de ce qu'il vit, de ce qu'il ressent, de ce qui ne lui convient plus, de ce qu'il pense, etc. Chacun est libre de partager ce qui est juste et acceptable pour elle - lui d'exprimer pendant les séances. La thérapie de couple n'est pas un espace qui force ou oblige les partenaires à s'ouvrir à l'autre de tout ce qui la-le traverse, à toutes ses réflexions ou à toutes ses émotions. Et le rôle du thérapeute ne consiste pas non plus à exiger de l'un-e ou de l'autre une parole qui n'a pas lieu d'être dite. Certains partenaires ressentent de la crainte à l'idée que la thérapie inciterait à tout dire de soi au risque de blesser l'autre et d'abîmer la relation, à tel point que la séparation deviendrait la seule issue. Ce que j'observe dans ma pratique est la dynamique inverse : c'est davantage le fait de taire ce que l'on ressent, ce qui ne nous convient plus, et ce dont nous aurions besoin qui amène le couple aux portes de la rupture. Souvent, les partenaires sont surpris par ce qu'ils expriment mutuellement, à mille lieues de penser que cette phrase anodine lâchée entre deux portes il y a quinze jours ait pu attrister autant l'autre qui n'en a rien laissé paraître, par peur d'envenimer une situation suffisamment douloureuse à supporter. Vous êtes les seuls-es qui puissent choisir ce dont vous souhaitez parler pendant les séances, et si cette peur de se séparer à l'idée de tout se dire est présente pour vous, la partager lors du premier rendez-vous serait une première belle avancée.
Faire une thérapie de couple : 5 raisons d'avoir peur... et de se rassurer !
Diane Baudry, Psychanalyse, Psychothérapie & Hypnothérapie à Paris




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