Affaire Grégory Villemin : quand l'enfant devient objet criminogène

Mis à jour : avr. 22

Le 16 octobre 1984, le corps de Grégory Villemin, âgé de 4 ans, est retrouvé dans les eaux de la Vologne à Docelles, village situé dans les Vosges, quelques heures après que sa mère ait constaté sa disparition. « Avec l’affaire de la Vologne, le pays est devenu fou. La justice a perdu la boussole et les juges leur virginité. Les médias se sont déchaînés. Les politiques ont inventé de nouvelles lois judiciaires. »[1] 34 ans d’instruction, 12 000 procès-verbaux, plus de 5 000 pages et 40 kg de dossier, quatre familles rassemblant une centaine de personnes, 700 appels téléphoniques anonymes en deux ans, quatre victimes, 3 000 articles de presse, une centaine de journalistes, une douzaine d’avocats, une dizaine d’ouvrages témoignages, un téléfilm : l’affaire Grégory Villemin est et restera une affaire singulière dans les annales criminelles de l’histoire judiciaire française, le « fait divers du siècle. »[2] Les derniers rebondissements en janvier dernier confirment, si tant est que ce soit encore nécessaire, la singularité de cette affaire.


Cet article publié dans la revue Experts contribution vise à apporter une lecture psychocriminologique de l’affaire Villemin sous le prisme de la criminalité familiale, car « tout crime a un retentissement familial, et parle de la famille. (…) Le sujet tente par son acte criminel de remplir des blancs de la généalogie, de la mythologie familiale, de l’histoire familiale. »[3] En effet, le meurtre de Grégory Villemin prend place au cœur d’une histoire familiale singulière de 3 générations, au carrefour de 4 familles entrelacées. Au sein de ce système, le meurtre de Grégory Villemin peut être analysé comme le symptôme de traumatismes et de non-dits transgénérationnels non assimilés.


[1] Denis Robert, J’ai tué le fils du chef. Affaire Grégory, le roman de la Vologne 1984-2018, Hugo Publishing, 2018 [2] http://grand-angle.lefigaro.fr/affaire-gregory-villemin-vologne-recit-enquete-justice

[3] Bernard Savin, « Crime et famille », Le Divan familial, 2001/1 n°6, pages 35 à 42


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